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Histoire - Le haras d'Ouilly

Origine et histoire du haras

Au début du XIXe siècle, la propriété sur laquelle est édifié le haras d'Ouilly-le-Basset appartenait à une ancienne famille très riche et honorablement connue dans le pays, la famille Cornet-Lavallée. C'est là que se trouvait le notariat du Haut-d'Ouilly où M. François Cornet-Lavallée exerçait sa profession de notaire.
En 1887, après le décès de Paul Cornet-Lavallée, fils de François, M. Louis Tirard hérite des biens d'Ouilly-le-Basset où il vient s'installer pour fonder le haras : il fait d'abord construire toutes les écuries en bordure du chemin du Mesnil-Villement, puis un très grand hangar dans le haut de la ferme du Haut-d'Ouilly. Ensuite, il fait défricher toutes les haies qui clôturent les différentes parcelles de terre, convertit tous les labours en herbages, supprime plusieurs chemins ruraux qui coupent la propriété...
Une fois les constructions terminées, M. Tirard élève en amateur quelques chevaux de pur-sang ; deux d'entre eux, Boule Dog et Pré en Pail, courant sous ses propres couleurs, remportent de grandes victoires en obstacles, le premier étant notamment vainqueur du Prix d'Auteuil.
Mais M. Tirard ne va pas jouir longtemps de sa fortune et de ce qu'il a fait à Ouilly. Suite à son décès en 1895, la propriété est reprise par le Prince Pierre d'Arenberg qui cherche un domaine pour installer un élevage de pur-sang : le haras d'Ouilly est né.

Le Prince Pierre d'Arenberg Le Prince Pierre d'Arenberg établit les bases de son élevage sur un lot de neuf poulinières ; cet effectif est renforcé de sept juments appartenant à M. Xavier Balli qui y amène également un étalon, Moulat. Malgré les succès nationaux et internationaux de MacDonald II et de Quérido, le Prince d'Arenberg cesse de s'intéresser aux courses et à l'élevage pour céder à une nouvelle passion, l'automobile.
Le haras d'Ouilly ne va pas s'éteindre pour autant et nombreux sont les bons chevaux qui y naissent pendant cette période qui précède la première guerre mondiale, tant pour MM. Balli et Vagliano, les nouveaux locataires, que pour le Comte de Pracomtal et Louis Mérino qui leur ont confié leurs poulinières.

En 1914 éclate la première guerre mondiale et, lorsqu'en 1916 le bail de location d'Ouilly arrive à son terme, MM. Balli et Vagliano ne le renouvèlent pas. Le destin du haras va alors prendre un tout autre cours.
En effet, en 1917, le Duc Decazes importe d'Angleterre un cheval de la plus haute origine, né en Irlande : il s'agit de Prince Palatine. Un pedigree royal n'implique pas obligatoirement une qualité hors pair, mais Prince Palatine a uni l'un à l'autre, et doté d'un solide palmarès, un haras lui est indispensable.
Le Duc Decazes M. le Duc Decazes se met donc en quête et choisit de l'installer à Ouilly. Le haras va être complètement métamorphosé, modernisé, amélioré par ses soins : construction de pavillons pour les palefreniers, de boxes pour les chevaux, d'un réservoir et d'un magnifique manège. En 1922, il achète dix hectares environ de terres labourables, puis acquiert de divers propriétaires plusieurs parcelles qui se trouvent dans ses biens et supprime ainsi toutes les enclaves. Enfin, pour arrondir complètement son beau domaine, il achète en 1926 la ferme du Val-Corbet contenant environ vingt-sept hectares.

M. François Dupré En 1921, le Duc s'associe avec M. François Dupré. La même année, ils achètent une pouliche de deux ans du nom de Rosy Cheeks qui est ainsi la première à porter victorieusement la casaque grise, toque rose, de M. François Dupré. Le 23 septembre 1923, succédant à M. Pinney, M. Yves Baudouin prend la direction du haras d'Ouilly, d'abord pour le compte de M. le Duc Decazes et ensuite pour celui de M. François Dupré.

En 1930, M. François Dupré devient seul propriétaire du haras d'Ouilly où, aux côtés de Pharos, est stationné Indus.
MM. Mathet, Dupré et Baudouin En 1936, Lord Furness, un propriétaire anglais en quête de poulinières, est séduit par la jumenterie d'Ouilly et il manifeste le désir d'offrir un chiffre très élevé pour l'achat de quatre juments : le marché est conclu et ces poulinières vont, dans leur nouvelle patrie, faire une utile propagande pour l'élevage d'Ouilly.

C'est au lendemain de la guerre que l'élevage du haras d'Ouilly va atteindre le sommet de sa gloire, par la production d'une longue série de vainqueurs classiques. Cet essor vient d'un achat fort judicieux effectué en 1945, celui de Deux Pour Cent qui a gagné le Grand Prix de Paris pour M. Sion.
Tantième En 1947, il engendre le fameux Tantième qui remporte le Prix de l'Arc de Tromphe en 1950 et 1951 : ses multiples exploits réalisés sur une longue période consacrent l'exceptionnelle réussite du haras d'Ouilly et l'étroite collaboration entre MM. Dupré, Mathet et Baudouin. Pendant cette période, jusqu'à cinquante employés travaillent au haras, qui est la principale activité locale, faisant vivre près de trente familles dont la plupart trouvent gîte sur la propriété même.

Yves Baudouin décède en 1964 ; il est remplacé à la direction du haras d'Ouilly par son fils Jean. Le 26 juin 1966, Danseur, monté par Yves Saint-Martin, triomphe dans le Grand Prix de Paris le jour même où M. François Dupré vient à disparaître. Mme Dupré poursuit avec beaucoup de détermination l'oeuvre entreprise par son mari, et la casaque grise, toque rose, continue à glaner les succès.

Mme Dupré avec Rheffic L'année 1971 lui est particulièrement faste puisque le nom de la propriétaire d'Ouilly figure encore en tête de liste des éleveurs ainsi que des propriétaires. Cette performance est due pour une grande part à Rheffic qui gagne notamment le Prix Greffulhe, le Jockey Club et le Grand Prix de Paris. Il a donc bien mérité de devenir le nouveau sire d'Ouilly et d'occuper le box qui a été celui de Tanerko et de Tantième.

A la fin de 1976, Mme Dupré figure encore à la seconde place dans le classement des éleveurs français. Le 22 avril 1977, elle disparaît brutalement, et avec elle, ce jour-là, le monde des courses perd l'une de ses dernières grandes écuries.
La totalité de cette excellente jumenterie va donc être proposée aux acheteurs. La vente est prévue à Longchamp pour le 3 octobre 1977, mais elle va être annulée moins de quinze jours avant cette date. En effet, S.A. le Prince Aga Khan vient de se porter acquéreur de la totalité des poulinières, yearlings et foals : cet élevage typiquement français, ne sera donc pas dispersé et ces produits continueront à être entraînés et à courir en France.

De 1979 à 1981, M. Reimer Feddersen reprend la propriété pour y élever des bovins. Mais la destinée du lieu veut que le cheval y fasse son retour.
M. Jean-Luc Lagardère (Photo Paris-Match) A partir de 1981, M. Jean-Luc Lagardère y réintroduit l'élevage des chevaux et va perpétuer la renommée du haras d'Ouilly. Depuis le milieu des années 1990, il se voit régulièrement décerner le titre de premier éleveur français en courses de plat. Des efforts magnifiquement récompensés, le 4 octobre 1998, par une nouvelle victoire d'un des pensionnaires du haras dans le 77ème Prix de l'Arc de Triomphe. Il s'agit cette fois de Sagamix, fils de Linamix et de Saganeca, né au Haut-d'Ouilly où il a passé ses deux premières années.
M. Jean-Luc Lagardère décède brutalement le 14 mars 2003 : il laisse la propriété du Haras à son fils Arnaud, sans attache particulière pour le lieu et les chevaux.

L'Aga Khan (Photo Ouest-France) L'avenir du Haras d'Ouilly semble alors menacé, jusqu'à l'annonce en mars 2005 du rachat par l'Aga Khan, de l'élevage de chevaux de course de la famille Lagardère, comprenant les haras d'Ouilly et de Val Henry.

Aujourd'hui, après plus d'un siècle d'histoire, le haras d'Ouilly reste donc toujours un haut lieu du monde hippique.

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